Le récepteur National HRO
par Michel Vonlanthen HB9AFO

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Fin mars 2014, j'ai eu l'occasion d'acquérir le récepteur de mes rêves lorsque j'étais SWL HE9FOP dans les années 60. Il s'agit d'un National HRO-MX. Avec lui, il y avait un rack de tiroirs enfichables, un haut-parleur Halicrafters et une alimentation secteur de construction-maison. Le tout avait appartenu à Louis Kaeppeli HB9DD, pharmacien à Vésenaz (GE).

 

Le récepteur National HRO-MX (son historique)

 

 

Louis HB9DD avec "mon" HRO sur l'étagère
devant lui, le rack de tiroir à sa gauche et
l'alimentation à droite en bas

 
Contest H22 dans un wagon au Bouveret
en 1962. René HB9MU à gauche et le tout
jeune Luc HB9ABB à droite, avec "son"
HRO à gauche.
Trois jours après il recevait sa licence !

 

Ce récepteur date de la fin de la guerre 39-45 et était le meilleur de l'époque. Il était utilisé par les services de surveillance et de transmission des armées. Il couvre toute éa gamme de 100kHz à 30MHz au moyen de tiroirs interchangeables dans lesquels se trouvent les 4 selfs d'accord. Les 4 casiers de chaque tiroir forment blindage entre les selfs et contre les influences extérieures, y compris les variations de température. C'est ce qui explique l'excellente tenue en fréquence de cet engin. Lors de sa mise en service, j'ai été époustouflé de sa stabilité. En me syntonisant sur une station SSB sur 7 MHz, la fréquence restait parfaitement stable dans le temps. Même le préchauffage était réduit au minimum, 2-3 minutes.

 

L'imposant haut-parleur Hallicrafters L'alimentation secteur (home-made)

 

Afin de déterminer l'usage des tiroirs, qui n'étaient pas tous marqués, j'ai passé le tout au générateur. J'en ai ressorti 4 qui couvraient les bandes amateur de 3.5, 7, 21 et 28MHz en grand étalement, ce qui rend la syntonisation extrêmement confortable. Dommage qu'il me manque le tiroir de 14MHz car, je ne le cache pas, j'espère un jour pouvoir remonter une station émission-réception vintage et faire du trafic-démonstration avec. Pour mon plaisir et pour celui de ceux qui n'ont pas connu cette heureuse époque  ("heureuse" pour différentes raisons mais surtout  parce que nous étions jeunes à l'époque).


 

Son histoire

 

Le principe du superhétérodyne a été inventé par le capitaine Edwin H. Armstrong pendant la guerre de 14-18. La plupart des OM pensaient que ce type de récepteur était surtout conçu pour la réception de la modulation d'amplitude (AM). A cette époque, les récepteurs CW étaient à réaction ou des superhétérodyne et avaient tous deux le même défaut: un signal CW était reçus de part et d'autre de la fréquence à deux endroits du cadran (battement inférieur et supérieur). De plus, leur stabilité en fréquence était assez mauvaise. C'est dans cet environnement qu'apparu le récepteur HRO et qu'il devint légendaire pour sa stabilité, sa sélectivité et ses bandes étalées.

 

Ce principe de ce récepteur fut développé par James L. Lamb W1CEI (décédé en 1986), éditeur technique du QST  Il a publié plusieurs articles dans le QST (revue des amateurs US, ARRL), dont le premier en 1932: "Qu'il y a-t-il de faux avec nos récepteurs CW?". Il y développait ses 3 principes de l'amélioration des récepteurs: un haut niveau de sélectivité des étages HF, une stabilité exceptionnelle et une modulation audio qui ne dégrade ni la sélectivité ni la stabilité. Il conçu alors le schéma d'un récepteur capable de séparer deux signaux distants de 500 Hz ce qui n'était pas possible à l'époque.

 

Et le HRO fut développé en 1935 par les meilleurs techniciens de l'époque: James Millen W1HRX, Herbert Hoover Jr W6ZH, Dana BaconW1BZR et James Lamb bien-sûr, tous membres de l'ARRL. La perfection du HRO provenait de la sélectivité de son filtre à quartz et de la précision spectaculaire de son bouton de réglage de fréquence développé par l'ingénieur de National William Graydon Smith. De plus, son système de tiroirs enfichables permettait d'utiliser des selfs précisément calibrées pour chaque bande. Le HRO connu instantanément le succès et fut produit en nombre pendant la guerre 39-45. Il resta la crème des récepteurs pendant une trentaine d'années.

 

Le sigle HRO provient de "Hell of a Rush Order", ce qui signifie l'urgence des commandes à exécuter, ce qui dit tout de l'impatience à vouloir le posséder. Le premier modèle a été largement copié par les Japonais, les Allemands et bien d'autres pays.

 

 

Le récepteur

 

C'est un récepteur de type superhétérodyne à 9 tubes:

  • 2 étages haute-fréquence accordés (6D6)

  • 1 étage mélangeur (6D6)

  • 1 oscillateur à triode (6C6)

  • 1 filtre à quartz (1) en entrée de la moyenne-fréquence

  • 2 étages moyenne-fréquence (6D6)

  • 1 étage détecteur AM avec un tube 6B7

  • 1 BFO avec une triode 6C6

  • 1 amplificateur BF avec un tube 42, puissance de sortie de 1,5 Watt

Chaque tiroir comporte 4 selfs bien blindées entre elles:

  • entrée antenne et premier étage

  • entrée du second étage HF

  • sortie du second étage HF

  • oscillateur (VFO)

La self de l'oscillateur est située le plus loin possible des éléments chauffants du récepteur ce qui justifie sa stabilité exceptionnelle. De plus, tous les condensateurs ajustables dans les tiroirs sont robustes et  isolés à l'air.

 

L'alimentation secteur est externe et doit fournir 75 mA sous 230 Volts DC et 3,1 Ampères sous 6,3V AC pour les filaments des tubes. Le récepteur peut aussi être équipé de tubes à 2,5V de tension filament. A noter que la sortie audio doit être suivie d'un transformateur BF externe afin d'attaquer le haut-parleur. Au primaire, son impédance doit être de 7000 Ohms, son secondaire dans les 5 Ohms. A noter que le primaire est placé entre le pôle positif de la haute tension et la sortie plaque du tube de puissance BF !

 

 

Links et documentation

 

Même dans un film: Tintin et le secret de la Licorne !

 

 

Michel Vonlanthen HB9AFO
Avril 2014

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