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Conférence à l'EPFL: Quels risques pour la santé?
 

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Cette conférence a eu lieu le mardi 10 février 2009 dans la salle polyvalente  Centre Est de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, le chemin bien balisé au sein de l'école et l'annonce de sa tenue largement publiée dans les medias. Biens ! La salle était au 3/4 pleine et les intervenants étaient les suivants:
 

Dr Olivier Merkel
Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (AFSSET)
Jean-Michel Poffet
Hygiéniste EPFL
Organisateur de la conférence
a
Dr Mirjana Moser
Office Fédéral de Santé Publique
a
Dr Klaus Stadtmüller
Médecin du travail de l'EPFL

a

Le Dr Merkel donna tout d'abord une longue information sur les théories de base de la radioélectricité et quelques infos sur ce qui se passe en France du point de vue de la recherche et de la protection contre les rayonnement non-ionisants. Ces derniers, sont ceux situés en dessous des rayons X (rayons visibles et en-dessous  du point de vue fréquence). Les rayons ionisants sont donc ceux dont la fréquence est supérieure aux rayons ultra violets, donc les rayons X et les rayons gamma. Comme tous les rayonnements, leur énergie est proportionnelle à la fréquence.

En France, le champ max est de 41 V/m pour la bande GSM de 900 MHz, mais à Paris, une charte admet un champ maximum de 2 V/m (moyenné sur une semaine, donc pas directement comparable avec les 41 V/m selon l'expert).

Le site de l'Agence Nationale de Fréquences (ANFR) donne une carte avec l'intensité du rayonnement radioélectrique mesuré dans toute la France. Des informations utiles se trouvent aussi sur le site de Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail. Une quinzaine de scientifiques travaillent dans cette agence mais les recherches font intervenir environ 500 ingénieurs extérieurs (de l'industrie donc).

Son exposé mis en évidence le fait qu'aucune expérimentation n'est faite sur l'effet des rayonnements de faible dose.
Toutes les normes de protection des champs sont basés sur les effets des dits rayonnements sur la peau (brûlures) et, pour les basses fréquences, sur l'effet biologique sur les enfants (leucémies). Rien d'autre, pas d'effet caractérisé sur l'être humain.

La Dr Mirjana Moser parla ensuite (en anglais!) de la situation en Suisse. Peu de renseignements intéressants hélas, "tout est sous contrôle" et "la population est plus inquiète des effets de la fumée et des produits chimiques que des effets des rayonnements radioélectriques". La norme suisse est de 6 V/m pour le 900 MHz.

Au sujet des émissions des Natel et antennes relais, ses graphiques tendent à prouver qu'il n'y a pas d'effet délétères  perceptibles sur l'être humain, les cas constatés semblant largement être pris pour des cas psychosomatiques, sans le dire cependant (mis dans la catégorie des effets non scientifiquement prouvés).

Le moment le plus instructif fut celui où le public posa des questions, notamment lorsqu'elle déclara qu'il y avait des études qu'elle ne pouvait pas faire car il n'y avait que 3 personnes dans son Office fédéral à s'occuper de cette question, et qu'ils se partageaient un poste à plein temps!...

La thèse belge (Université de Louvain) qui constate l'effet des rayonnements GSM sur les rats n'a pas l'air d'être connue des intervenants et manifestement aucune étude n'est faite sur les rayonnements faible mais permanents, ni sur les effets de la conjonction de plusieurs nuisances.

 

Conclusions

Ce sont des conclusions personnelles mais on aboutit malheureusement toujours aux mêmes:

  • Aucun effet biologique sur l'être humain n'est scientifiquement prouvé (disons "admis") à part les brûlures. Donc aucune étude n'a pu mettre ne évidence un effet délétère au sujet des maux dont se plaignent "ceux qui se disent sensibles aux rayonnements radioélectriques". A part le classement des plaintes en fonction de leur sujet et leur étude statistique, peu semble avoir été fait à cet égard. Ce sont des études certes difficiles à faire mais il y a tout de même des milliers de gens qui se plaignent de souffrances.

Comme toujours lorsque les sujets sont complexes, les experts consultés sont toujours des scientifiques employés dans l'industrie qu'ils sont justement chargés d'étudier. Ce sont bien sûr ceux-ci qui ont les connaissances nécessaires. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'une auto-censure, voire une collusion puisse exister, sans même parler de cas de corruption tel celui du célèbre cas de la cigarette (scientifique norvégien de l'UNIGE payé par l'industrie cigarettière, qui a bloqué pendant plus de 20 ans les résultas des études sur la fumée passive). Le doute subsistera probablement toujours dans l'esprit du public.

  • Quand qu'on voit qu'en Suisse, à l'échelon le plus haut, celui de la Confédération, une seule personne (3 mais à tiers de temps chacune) travaille sur ce sujet, on ne peut qu'avoir un doute sur le sérieux des études faites. C'est, par exemple, la même chose dans la restauration, où une seule personne est chargée des contrôles sanitaires dans les restaurants du Canton de Vaud. Dans ces circonstances, c'est évident qu'il n'y a pas beaucoup de cas "découverts" mais combien "existe-t-il" de cas sanitairement graves en réalité ?
    C'est facile d'affirmer que rien n'a été découvert si la dotation matérielle des chercheurs leur interdit toute investigation sérieuse ?
     

  • Une des conclusions de cette dame était qu'il fallait mettre en balance les mesures de précaution à prendre et le blocage du progrès industriel qui pourrait en résulter si on y allait trop fort. "Par quoi remplacer les ondes radioélectriques des Natel ?"

    Le problème, c'est qu'on attend que le marché soit envahit par les produits litigieux (voire dangereux) au lieu d'entreprendre ces études AVANT leur introduction. Le retour en arrière ne peut alors plus se faire sans de gros dégâts financiers. C'est en quelque sorte se faire forcer la main. Voir par exemple le cas du CPL, dont une commission de l'Union Européenne étudie depuis déjà 8 ans si cette technique peut être mise sur le marché sans dégâts. Ses conclusions ne sont toujours pas tombées mais dans l'intervalle le marché est inondé par ces équipements. Et pourtant, l'OFCOM a fait des mesures qui prouvent que ces équipements ne respectent pas les normes EMC (les dépassent d'un facteur 10 ! ).


De mon point de vue, aucune étude officielle ne mettra jamais en évidence une quelconque nuisance envers l'être humain, cela pourrait coûter trop cher aux industries concernées (soins médicaux, indemnisation, procès, etc.). Ou alors il faudra un énorme scandale impossible à cacher, du style de celui du sang contaminé. That's life mais en attendant il y a quand même des gens qui souffrent !...


Discussion finale animé, Robert HB9IJG en pleine action !

Merci à l'EPFL d'avoir organisé cette conférence. Son responsable hygiéniste devra prochainement approuver l'installation de 800 collaborateurs dans le nouveau centre, chacun avec un ou deux ordinateurs, et ses questions étaient finalement les nôtres. Quelle technique de communication installer pour éviter des nuisances? Après cette conférence, un auditeur crédule pourrait répondre "n'importe laquelle" puisqu' "aucun effet nuisible pour l'être humain n'a été constaté" selon les conférenciers.

On ne peut s'empêcher d'être sceptique...

Michel Vonlanthen

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